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Le village de Saint-Étienne rasé par le feu !

Le moulin de Saint-Étienne et son quai de croûte à la fin du XIXe siècle

À la fin du XIXe siècle, le village de compagnie de Saint-Étienne-du-Saguenay est sur son déclin. Les grands pins qui couvraient une partie de l’arrière-pays de Petit-Saguenay ont été depuis longtemps bûchés et l’ère des pâtes et papiers est sur le point de prendre son envol dans toute la région.

Le moulin à scie de Saint-Étienne demeure tout de même en activité, mais les revenus annuels sont loin des 100 000 $ – environ 3M$ en dollars de 2016 – réalisés autour de 1890. Or, le 5 juin 1900, un feu d’abattis considérable appartenant à M. Benjamin Boudreault s’étend à la forêt et les vents violents transportent le feu jusqu’au village de Saint-Étienne. En deux heures, l’ensemble du quartier ouvrier est réduit en cendre, ainsi que le moulin, les quais, une goélette, deux bateaux et l’essentiel de l’inventaire de bois. Seul le quartier de l’Anse-des-Messieurs est épargné.

Les dégâts sont considérables. Selon les sources, on estime ceux-ci à entre 300 000 $ et 400 000 $ de l’époque, ce qui équivaut à 9 à 12M$ en dollars d’aujourd’hui. Non seulement la compagnie Price perd l’essentiel de ses bâtiments, mais également 300 000 pieds de bois. On signale également une perte de 400 cordes de bois et 2 000 cordes de cèdre pour un certain Vaillancourt, marchand de Tadoussac. Plus dramatique, 36 familles sont soudainement jetées à la rue – ou à la mer – et perdent meubles et provisions.

Heureusement, le quartier de l’église ayant été épargné, les familles désoeuvrées y trouvent refuge. Edmond Potvin, nouveau curé arrivé 3 jours plus tôt seulement, organise une partie des secours. Un yacht qui mouillait dans l’Anse-Saint-Étienne accueille une partie des familles. David Blair, fils du fondateur de Saint-Étienne et gérant des Price à Chicoutimi, quitte Chicoutimi dès le lendemain à bord d’une goélette remorquée par le « Forest Bell » pour apporter des provisions aux sinistrés. De l’aide en argent, mais aussi des vêtements et des meubles sont distribués grâce à la générosité des citoyens des autres paroisses de la région et des autorités civiles et religieuses.

Les témoignages de l’époque semblent indiquer que les victimes de l’incendie sont bien secourues et ne manquent de rien. Heureusement pour ces familles, leurs logis sont la propriété de la compagnie Price et elles ont pour la plupart une résidence permanente qu’elles peuvent retrouver. La compagnie Price accuse pour sa part des pertes importantes puisque le site n’est pas assuré. Compte tenu des dommages, elle décide de ne pas reconstruire le village. Les bâtiments du quartier de l’Anse-de-l’Église sont déconstruits et les matériaux réutilisés dans la construction d’un nouveau moulin à scie à Baie-Sainte-Catherine, qui débute ses opérations l’année suivante.

Après 17 ans d’histoire, c’est la fin pour le village de Saint-Étienne-du-Saguenay, qui ne laisse derrière lui que des vestiges et des histoires. Des histoires qui serviront d’inspirations au grand roman de Jean-Alain Tremblay, La Nuit des Perséides, qui se déroule essentiellement à Saint-Étienne. Mais c’est là une autre histoire qui sera racontée une autre fois…

Sources : Victor Tremblay, « La destruction de St-Étienne » ; Le Progrès du Saguenay, 14 juin 1900 ; Russel Bouchard, « Villages fantômes, localités disparues ou méconnues du Bas-Saguenay » ; The Monetary Times, 8 juin 1900.

Crédit photo : BAnQC, P666, S12, SS5, P532.

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